Europe International et Formation

Comprendre le fonctionnement du programme Erasmus

Le programme Erasmus ne se limite pas à l’enseignement supérieur à l’étranger, il constitue un véritable tremplin vers les carrières internationales. Depuis sa mise en place en 1987, il a changé le quotidien de millions d’étudiants européens en leur permettant de développer des compétences interculturelles devenues incontournables dans un monde globalisé. Alors que la mobilité académique est plus que jamais nécessaire pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui, comprendre le fonctionnement d’Erasmus est essentiel pour les étudiants souhaitant donner une dimension internationale à leur cursus.

Qu’est-ce que le programme Erasmus+ ? Quels sont ses objectifs ?

Erasmus+ est un programme phare de l’Union européenne visant à favoriser la mobilité académique et la coopération entre établissements d’enseignement supérieur. Lancement du programme Erasmus+ (2014)Créé en 1987 et élargi en 2014, Erasmus+ ne concerne plus seulement les étudiants universitaires. Ce dispositif inclut aujourd’hui les enseignants et les personnels administratifs, mais également depuis peu les apprentis et les bénévoles. En près de 35 ans, ce sont plus de 14 millions de personnes qui ont pu bénéficier du programme Erasmus+, dont un million de Français ! Accessible aujourd’hui dans 33 pays (les États membres de l’UE ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Turquie, la Macédoine du Nord et la Serbie), son objectif principal reste le même : renforcer les compétences et l’employabilité des participants en modernisant l’éducation, la formation et le travail des jeunes en Europe.

Mais au-delà du développement professionnel, Erasmus+ souhaite favoriser une compréhension interculturelle tout en renforçant l’identité européenne. Grâce aux échanges académiques et professionnels d’une durée allant de deux mois à douze mois (pour les études supérieures), le programme vise à créer un espace européen de l’éducation où savoirs et compétences pourront circuler librement. Cet aspect européen est indispensable pour préparer les citoyens à un marché du travail internationalisé et interconnecté. D’ailleurs, parmi les destinations plébiscitées par ceux qui ont choisi d’intégrer une école internationale figurent principalement l’Espagne, l’Allemagne ou encore la France !

Erasmus+ n’offre cependant pas uniquement des opportunités individuelles. Le programme soutient également des projets de coopération transnationale entre institutions éducatives contribuant ainsi au développement de nouvelles pratiques pédagogiques innovantes. Au sein d’un même secteur ou domaine d’activité (santé, sciences humaines…), des partenariats stratégiques peuvent être établis pour créer des outils d’apprentissage numérique ou faciliter l’inclusion sociale dans l’éducation par exemple. Les priorités présentées par Erasmus+ reflètent celles-ci : numérique – écologie – inclusion ; le tout se traduisant par une augmentation de 80 % du budget alloué entre 2021 et 2027. Par conséquent, il va sans dire qu’Erasmus+ joue un rôle fondamental dans la construction d’un système éducatif collaboratif et inclusif au sein de l’Europe.

Critères d’éligibilité et modalités de participation

Pour participer au programme Erasmus+, différents critères d’éligibilité doivent être remplis, variant en fonction des actions spécifiques et des groupes cibles. Les étudiants, apprentis, enseignants, formateurs, bénévoles, stagiaires, demandeurs d’emploi et le personnel des structures sportives sont éligibles pour des mobilités de 2 à 12 mois. Les étudiants doivent être inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur qui possède la Charte Erasmus pour l’enseignement supérieur. Ils peuvent postuler pour une mobilité d’études ou de stage, généralement d’une durée de trois à douze mois. Les frais de scolarité dans l’établissement d’accueil sont généralement exonérés, et une aide financière est souvent disponible pour couvrir les frais de séjour et de voyage, avec des bourses mensuelles allant de 200 à 824 euros.

Les enseignants et le personnel administratif peuvent également bénéficier du programme pour des périodes d’enseignement ou de formation à l’étranger. Ces mobilités visent à échanger des pratiques pédagogiques, à renforcer les compétences professionnelles et à établir des réseaux internationaux. Les critères d’éligibilité pour ces mobilités incluent souvent la pertinence du projet pour le développement professionnel et l’impact potentiel sur l’établissement d’origine. Les démarches doivent être entreprises 3 à 6 mois avant le départ pour assurer une préparation adéquate par les établissements participants.

Les jeunes non étudiants, tels que les apprentis et les volontaires, peuvent participer à des échanges et projets de volontariat à l’étranger. Le Corps Européen de Solidarité, par exemple, offre des opportunités de volontariat dans divers domaines, renforçant ainsi les compétences sociales et professionnelles des participants. Ces expériences sont conçues pour être inclusives, permettant à un large éventail de jeunes, y compris ceux ayant moins d’opportunités, de bénéficier du programme. Depuis 2014, la participation de la Suisse est suspendue, et le retrait du Royaume-Uni post- Brexit a également impacté le programme.

Comprendre le fonctionnement du programme Erasmus

Quelles compétences sont développées et quel est l’impact sur l’employabilité?

Erasmus+ permet aux étudiants et aux professionnels de développer une large gamme de compétences recherchées sur le marché du travail, dont les compétences linguistiques et professionnelles sont souvent les plus évidentes. Vivre et étudier dans un pays étranger implique l’utilisation d’une langue étrangère au quotidien, ce qui contribue à renforcer non seulement la maîtrise de la langue mais également la confiance en soi et l’adaptabilité. De plus, l’expérience acquise à l’étranger permet de mieux comprendre les subtilités culturelles, un atout considérable dans un environnement professionnel international.

Les compétences interculturelles sont également renforcées, car les participants apprennent à évoluer dans des environnements différents et à appréhender différentes manières de voir le monde. Ces compétences sont devenues essentielles dans un monde globalisé où les employeurs recherchent de plus en plus des individus capables de collaborer efficacement avec des personnes issues de cultures diverses. Au-delà d’enrichir le CV, l’expérience internationale acquise lors d’un séjour Erasmus+ peut être déterminante lors d’un processus d’embauche. Les partenariats et coopérations entre institutions témoignent également de l’impact positif sur l’employabilité et la réussite personnelle des candidats.

En plus des compétences linguistiques et interculturelles, Erasmus+ favorise le développement de compétences transversales telles que la résolution de problèmes, la gestion du temps et le travail en équipe. Ces types de compétences, souvent acquises informellement ou via des activités parascolaires, jouent un rôle clé dans l’adaptabilité et l’innovation chez les travailleurs. Les employeurs reconnaissent également de plus en plus la valeur ajoutée que ces expériences peuvent apporter aux candidats qu’ils recrutent. Voici quelques exemples de compétences développées grâce à Erasmus+ :

  • Maîtriser une langue étrangère dans un contexte professionnel
  • S’intégrer facilement dans des équipes multiculturelles
  • Être à l’aise avec des situations nouvelles et inattendues
  • Négocier les conflits de manière professionnelle
  • Avoir confiance en soi et être autonome
  • Développer son réseau international

Toutes ces compétences sont utiles pour l’employabilité, mais elles aident également les participants à grandir sur le plan personnel, et à faire face aux défis d’un marché du travail toujours plus en mouvement.

Les défis et l’avenir d’Erasmus+

En dépit de ses nombreux succès, Erasmus+ doit néanmoins relever plusieurs défis. L’un des plus importants d’entre eux est d’ordre financier : bien qu’il existe des bourses pour les étudiants, certains estiment que les aides ne sont pas suffisantes pour couvrir le coût de la vie à l’étranger, ce qui peut avoir pour conséquence de décourager les étudiants issus de milieux défavorisés et contraire à l’objectif d’inclusion du programme.

Un autre défi concerne la reconnaissance académique des études réalisées à l’étranger. Même si le système ECTS (European Credit Transfer and Accumulation System) est largement appliqué, il existe encore des disparités entre les établissements concernant la reconnaissance des crédits, rendant plus difficile le retour dans le cursus académique initial. Améliorer cette reconnaissance est essentielle afin que les mobilités ne soient pas préjudiciables à la poursuite des études.

Afin de rester en phase avec son temps, Erasmus+ devra continuer à évoluer et s’adapter aux nouvelles attendus du secteur éducatif et professionnel. L’intégration numérique et l’essor des mobilités virtuelles constituent des avenues intéressantes pour toucher un public élargi tout en réduisant l’empreinte carbone des échanges physiques. En outre, le programme pourrait se montrer plus proactif afin de favoriser la participation de personnes en situation de handicap ou issues de milieux ruraux, afin que l’opportunité Erasmus+ soit réellement accessible à tous. Les défis liés à la participation suspendue depuis 2014 pour la Suisse ou encore au retrait du Royaume-Uni depuis le Brexit ainsi que l’internationalisation des études supérieures constituent également une problématique importante sur laquelle Erasmus+ devra se pencher dans les années à venir.