Europe International et Formation

Les initiatives européennes pour l’emploi, la formation et l’éducation

L’Union européenne investit massivement dans le capital humain afin de stimuler l’emploi, améliorer les compétences et offrir des opportunités éducatives à ses citoyens. Plusieurs programmes phares – Erasmus+, le Fonds social européen Plus, l’Initiative pour l’emploi des jeunes, etc. – incarnent cet engagement. Ces initiatives financées par l’UE ont un impact tangible, en permettant à des millions d’Européens d’étudier, de se former, de trouver un emploi ou de participer à des projets à travers l’Europe. Ci-dessous un tour d’horizon des programmes clés, de leurs investissements et des opportunités offertes, avec les chiffres actualisés issus de sources officielles.

Erasmus+ : éducation, formation et mobilité internationale

Erasmus+ est le programme emblématique de l’UE dans les domaines de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et du sport. Depuis son lancement en 1987, plus de 10 millions de personnes ont pu effectuer un échange à l’étranger grâce à Erasmus. Pour la période 2021-2027, son budget a été porté à 26,2 milliards d’euros, soit presque le double du budget de la période précédente (14,7 Mds € en 2014-2020). Ce financement record est encore complété par 2,2 milliards d’euros. L’objectif affiché est d’offrir des mobilités à plus de 10 millions de participants supplémentaires d’ici 2027. Concrètement, Erasmus+ finance des séjours d’études et de formation à l’étranger, des stages en entreprise, des échanges de jeunes, des apprentissages et des opportunités de volontariat. Ces expériences renforcent les compétences, l’employabilité et l’ouverture culturelle des participants, tout en modernisant les systèmes d’éducation et de formation en Europe. Le programme couvre 33 pays en Europe et est ouvert au reste du monde, ce qui en fait un moteur de la mobilité et de l’intégration européennes.

FSE+ : le Fonds social européen Plus pour l’emploi et l’inclusion

Le Fonds social européen Plus (FSE+) est le principal instrument de l’UE pour investir dans l’emploi, la formation professionnelle et l’inclusion sociale. Il soutient des milliers de projets aux quatre coins de l’Europe afin de créer des emplois de qualité, d’améliorer les compétences de la main-d’œuvre et de réduire les disparités régionales en matière d’opportunités économiques. Sur la période 2021-2027, le FSE+ dispose d’une enveloppe totale d’environ 142,7 milliards d’euros, en incluant la participation des États membres, dont 95,1 milliards d’euros financés directement par le budget de l’UE. Ce niveau d’investissement représente près de 10 % du budget européen et traduit l’importance accordée à la cohésion économique et sociale. Les actions du FSE+ touchent un public très large : demandeurs d’emploi, jeunes diplômés, personnes peu qualifiées, publics défavorisés, travailleurs en reconversion, etc. L’impact du Fonds est considérable : entre 2014 et 2022, les projets cofinancés par le FSE (incluant l’IEJ et d’autres dispositifs) ont permis à 7,2 millions d’Européens de trouver un emploi et à 10,3 millions d’obtenir une qualification ou un diplôme. Des millions d’autres ont pu accéder à une formation, améliorer leurs compétences ou bénéficier de mesures d’inclusion sociale grâce à ce fonds. En tant que pilier de la politique de cohésion de l’UE, le FSE+ contribue directement à la réalisation du Socle européen des droits sociaux (notamment le droit à la formation et à l’aide aux chômeurs) et à l’objectif communautaire de favoriser une croissance “intelligente, durable et inclusive”.

Initiative pour l’emploi des jeunes et garantie jeunesse

Face au chômage massif des jeunes consécutif à la crise financière, l’UE a lancé en 2013 la Garantie pour la jeunesse, soutenue financièrement par l’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ). L’IEJ a ciblé les régions affichant un taux de chômage des 15-24 ans supérieur à 25 %, en finançant l’accompagnement des jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation). Dotée initialement de 6,4 milliards d’euros pour 2014-2020, l’IEJ a été renforcée à 8,8 milliards € en 2017. Ces ressources, souvent couplées au FSE, ont alimenté des projets concrets (formations, stages, aides à l’embauche, orientation) pour remettre les jeunes sur le chemin de l’emploi. Chaque année depuis 2014, plus de 5 millions de jeunes Européens participent aux dispositifs de la Garantie jeunesse, et environ 3,5 millions acceptent une offre d’emploi, de formation continue, d’apprentissage ou de stage grâce à ce soutien. L’IEJ à elle seule a fourni une aide directe à plus de 2,4 millions de jeunes sur l’ensemble de l’UE. Ces efforts ont contribué à faire reculer le chômage des jeunes dans l’Union, qui est passé d’un pic de 24 % en 2013 à 14 % en 2019 (avant la perturbation temporaire due à la pandémie). À partir de 2021, l’IEJ a été intégrée au FSE+ afin de simplifier les financements, mais l’accent mis sur la jeunesse demeure une priorité. La nouvelle phase de la Garantie européenne pour la jeunesse vise à “ne laisser aucun jeune de côté”, en particulier dans le contexte de la transition verte et numérique, avec des mesures renforcées pour les moins de 30 ans.

Autres initiatives européennes pour l’emploi et la jeunesse

En complément d’Erasmus+, du FSE+ et de l’IEJ, l’Union européenne déploie d’autres programmes et outils visant à créer des opportunités pour les citoyens :

  • EURES (réseau européen de l’emploi) : Ce portail et réseau de services publics de l’emploi facilite la mobilité professionnelle à l’échelle européenne. EURES rassemble les offres d’emploi de 31 pays (les 27 États membres de l’UE plus la Suisse, l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein) et met en relation les employeurs et les candidats au-delà des frontières. Le portail EURES affiche en permanence plus de 4,5 millions d’offres d’emploi disponibles et plus d’1 million de CV de chercheurs d’emploi enregistrés.

  • Corps européen de solidarité : Lancé en 2018, ce programme permet aux jeunes de s’engager dans des projets de volontariat ou des stages solidaires au service des communautés, en Europe et au-delà. Le nouveau Corps européen de solidarité dispose d’un budget spécifique de 1,009 milliard d’euros pour 2021-2027. Il offrira à au moins 270 000 jeunes la possibilité de s’investir dans des missions d’entraide, qu’il s’agisse d’actions sociales, d’éducation, de protection de l’environnement, d’aide aux personnes défavorisées ou d’interventions d’urgence humanitaire. Ces expériences bénévoles, d’une durée de quelques semaines à plusieurs mois, permettent aux participants de développer des compétences utiles (travail en équipe, langues, compétences techniques) et d’améliorer leur employabilité tout en contribuant positivement à la société. Le Corps européen de solidarité promeut ainsi la citoyenneté active et la solidarité entre pays européens, et complète Erasmus+ en offrant une forme d’apprentissage non-formel par l’engagement civique.